Voyagez au cœur de la mémoire avec Alain Lyeury

Voyagez au cœur de la mémoire avec Alain Lyeury

Son dernier livre : Le livre de la mémoire – ed Dunod.

Fin octobre, Alain Lyeury a été interviewé par Mathieu Vidar dans La Tête au Carré , l’émission scientifique quotidienne sur France Inter.

Alain Lieury est Professeur émérite de psychologie cognitive, spécialiste de la mémoire,à l’université Rennes II et auteur de nombreux ouvrages chez Dunod. Alain Lieury est unanimement reconnu comme l’un des spécialistes français de la mémoire.

 

La Déesse Mnémosyne

(C’est la maman des Muses !)

Comme je suis passionné par tout ce que concerne nos moyens d’apprendre, je suis allé sur le site de la Tête Au Carré pour écouter le Podcast, et j’en ai tiré le petit résumé que voici :

Est ce que l’intelligence repose sur la mémoire ?

oui, mais l’intelligence a plusieurs sens.

Il y a un sens fourre tout, utilisé par les tests qui mesurent l’usage du vocabulaire, la capacité à compter, les connaissances en général, et un autre sens, basé sur le raisonnement.

Plus on a de mémoire et plus on accède à une large palette de connaissance.

Plus on a de connaissance et plus on peut réfléchir et raisonner valablement.

 

Qu’y a-t-il dans notre cerveau ?

Le cerveau humain, c’est 200 milliards de neurones. 100 milliards pour le cerveau proprement dit avec ses 2 hémisphères droit et gauche, et le cervelet, qui pour 10% du volume du cerveau contient aussi 100 milliards de neurones. 

  • La mémoire des mots est au dessus de l’oreille, au niveau pariétal bas.
  • La mémoire sémantique est devant l’oreille au niveau temporal.
  • La mémoire visuelle est au niveau occipital en arrière.

Tout cela est plus ou moins développé selon les personnes, du fait de la génétique, mais aussi des apprentissages. 

En plus il y a toute une chimie énorme. Un neurone fait 20 à 50 microns mais c’ est une véritable usine, et au niveau de la synapse qui est le point de jonction entre 2 neurones, il y a des petites molécules qui passent, comme des clés qui s’insèrent dans des serrures, ce qui déclenche le signal  d’à côté.

Il y a des procédés chimiques qui améliorent le mécanisme et qui font que certains individus peuvent apprendre en une fois, sans passer par de multiples répétitions.

 

La mémoire repose sur des connexions entre neurones.

A la naissance on a plein de neurones, mais ils ne sont pas connectés. Si on apprend le piano, du vocabulaire, à lire et à écrire, des neurones dans certaines zones vont se connecter, et c’est ça, la mémoire. Avec une hormone de croissance, ça va se développer plus vite. Voilà la différence entre vous et moi, qui avons une bonne mémoire, et Daniel Barenbaum, qui joue un opéra de Wagner sans regarder la partition ! 

L’enregistrement définitif des souvenirs repose sur une structure située au centre du cerveau, qui s’appelle l’hippocampe. C’est en quelque sorte l’archiviste de notre mémoire. Lui, il peut bugger, après une forte émotion par exemple, et déclencher des troubles de la mémoire

Avec le vieillissement, notre mémoire baisse un petit peu.

Alain Lyeury a très récemment dirigé une grande enquête demandée par l’ Education Nationale.

Cette enquête a suivi 30 000 élèves de 6ème, et les a retrouvés en 3ème, (27 000) :

  • Pour ceux qui abusent du téléphone et des réseaux internet on voit une diminution dans les tests cognitifs et scolaires d’environ 5 à 8 %.
  • Ceux qui abusent de la télé, c’est une baise de 15 %.
  • En revanche il n’y a pas de résultats significatifs concernant les jeux vidéos. 

Mémoire à long terme, mémoire à court terme :

Nos sens nous envoient un message, c’est traité en 20 millièmes de seconde. La mémoire lexicale, qui reconnaît les mots quand on les a appris, traite le message en 120 millièmes de seconde, puis il est interprété  en mémoire sémantique en 300 millièmes de seconde. Après seulement il va dans la mémoire à court terme, qui elle, dure de 10 à 20 secondes. Une fois dans la mémoire à court terme, ça repasse pour être enregistré par le fameux hippocampe. 

Peut-on apprendre à lire plus rapidement ?

Méthodes de lecture rapide : Elles sont des supercheries, du charlatanisme. Ces méthodes sont basées sur 2 mécanismes : 

1 ) -des saccades oculaires plus rapides : or c’est chez le jeune enfant que les saccades oculaires sont le + rapide , 3 par seconde. Plus tard, on n’atteint plus ce rythme.

2 ) – élargir le champ fovéal : c’est absolument impossible.

Le seul moyen de rendre la lecture plus rapide, c’est de bien connaître le vocabulaire dont les textes sont faits.

Comment fait la mémoire pour passer du court terme au long terme ?

Il arrive d’oublier des événements importants, et de se rappeler des choses dont on se fiche totalement. Pourquoi ?

On se souvient plus facilement de quelque chose lorsqu’une émotion y est rattachée : on fait marcher un centre de la mémoire qui s’appelle l’amygdale, qui booste l’hippocampe. Mais sinon on n’a pas à gérer la mémoire à court terme et la mémoire à long terme : elles se gèrent automatiquement.

Il est important d’apprendre à classer, ordonner ses apprentissages : grand 1, petit 1, petit 2, et ainsi de suite, on apprend au cerveau à bien se construire.

Quelle relation entre mémoire du cerveau et mémoire du corps :

En effet , il y a deux systèmes bien séparés.

La mémoire pour les mots, les images, le souvenir des visages, c’est le cerveau proprement dit avec les 2 hémisphères Droit et Gauche.

Et il y a le cervelet où sont enregistrés les apprentissages sensori-moteurs comme faire du vélo, apprendre à taper du clavier comme une dactylo, apprendre à conduire. Lorsque cet apprentissage est fait, c’est automatisé et c’est le cervelet qui gère sans qu’on en ait conscience.

Faut-il apprendre par cœur ?

Apprendre par coeur : l’origine de cette expression vient d’Aristote, 330 avant notre ère, qui était précepteur d’Alexandre le Grand : il pensait que le siège de la mémoire était le coeur, car quand on se rappelle un souvenir émouvant on a le coeur qui accélère. 

L’apprentissage par coeur c’est la méthode de la mémoire lexicale, on peut apprendre un mot sans savoir ce qu’il veut dire. On en connait la forme, mais on ne sait pas forcément ce que ça veut dire, le sens est ailleurs. Il le faut de la répétition pour apprendre, mais ça ne suffit pas. Il faut rajouter la mémoire sémantique, c’est à dire lire beaucoup, se documenter, faire des plans, organiser les choses, des schémas. C’est pas l’un ou l’autre, mais les deux.

Pourquoi oublie-t-on ?

Tout passe par la mémoire à court terme qui est le gestionnaire de l’entrée et de la sortie. Or la mémoire à court terme ne peut contenir que 6 ou 7 mots clé. Il y a des souvenirs qu’on oublie, mais on peut les ranimer, notamment par des associations d’idées ou de souvenirs.

Par exemple on peut se rappeler le nom de nos camarades de Terminale, il en viendra quelques uns seulement, mais si on associe des souvenirs de sorties, de cinéma, de moments passés ensemble, il surgira d’autres noms. Une enquête faite en Ohio montre qu’en moyenne on reconnaît 90% des camarades de classe jusqu’à 35 ans plus tard, et 70% 50 ans plus tard. Il y a donc un petit oubli, provenant soit de perte de neurones, soit d’un détricotage des connexions.

Fin du résumé.

 

Certains, parmi vous qui lisez cet article, penseront que beaucoup d’idées de cet interview seront matière à débat. N’oubliez pas qu’il s’agit d’un résumé, qui comporte des affirmations qui ne sont pas développées.

Je recommande aux plus passionnés d’entre vous de vous procurer le dernier livre d’Alain Lieury.

Vous trouverez sa biographie détaillée dans Wikipedia, et je tiens à disposition de ceux qui m’en feront la demande une bibliographie complète.

Êtes vous d’accord avec tout ce que nous dit cet auteur ?

Pour ma part je ne partage pas son jugement catégorique sur les méthodes de lecture rapide, car elles reposent surtout sur un 3ème moyen, qu’il n’a pas cité.

Alors, qu’en pensez-vous ? Entrez maintenant votre commentaire, là, en dessous.

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